Situations · Je me sens bloqué

Vous savez quoi faire. Et pourtant, rien ne bouge.

Se sentir bloqué dans sa vie, c'est savoir ce qu'on voudrait faire et ne pas y arriver, encore et encore. Ce n'est presque jamais un manque de volonté : le blocage protège souvent quelque chose, une peur, une loyauté ou une fatigue, et c'est en le comprenant que le mouvement revient.

Vous voulez avancer, vous savez même par où commencer, et au dernier moment quelque chose vous retient. Voyons ce que ce blocage cherche à protéger, et ce qu'on peut en faire ensemble.

  • « Je sais exactement ce que je devrais faire. Je ne le fais pas. »
  • « Je repousse, je m'en veux, et le lendemain je recommence. »
  • « J'ai l'impression de regarder ma vie passer depuis le quai. »

À quoi ressemble un blocage

Un blocage ressemble rarement à un mur. Il prend plutôt la forme d'une série de petits reports. Un dossier qu'on ouvre et qu'on referme, un mail qui dort dans les brouillons, une conversation qu'on répète dans sa tête depuis des mois sans jamais l'avoir eue, un projet dont on parlait avec enthousiasme au printemps et qu'on n'évoque plus. De l'extérieur, rien de grave. De l'intérieur, on a l'impression d'être à l'arrêt pendant que tout le reste avance.

Là-dessus viennent les reproches qu'on se fait. « Je manque de volonté. » « Les autres y arrivent, pourquoi pas moi ? » À force, on ajoute de la culpabilité à l'immobilité, et on se retrouve avec deux problèmes au lieu d'un. Le second finit d'ailleurs par peser plus lourd que le premier.

Le blocage peut toucher le travail, une relation, une décision de vie. On voit des gens très efficaces partout, sauf sur le seul sujet qui compte vraiment pour eux. Le hasard n'y est sans doute pour rien, puisque l'enjeu se trouve justement là.

Pourquoi se forcer ne suffit pas

Face à un blocage, le réflexe est de se pousser plus fort, avec de nouvelles résolutions, un meilleur planning, un lundi qui sera enfin le bon. Ça tient quelques jours. Puis le blocage revient, presque toujours au même endroit.

C'est qu'un blocage a presque toujours une fonction. Il protège quelque chose. La peur de décevoir, de se tromper, de perdre ce qu'on a déjà. Une loyauté envers quelqu'un, dont on ne se rend même pas compte. Une fatigue qu'on ne s'autorise pas à reconnaître. Ou, plus simplement, ce qu'on « devrait » faire n'est pas ce qu'on veut.

La recherche va dans ce sens. Une grande synthèse publiée en 2007, qui rassemble 691 résultats d'études, montre que repousser est fortement lié, entre autres, au caractère pénible de la tâche, au doute sur sa capacité à la réussir et à l'éloignement de l'échéance (Steel).

Tant que cette fonction reste dans l'ombre, se forcer revient à appuyer sur l'accélérateur avec le frein serré. On s'use sans avancer, et on finit par conclure que le problème, c'est soi. Quand on comprend ce qui retient, le mouvement revient plus facilement, sans qu'on ait à se faire violence.

Ce qu'on peut regarder ensemble

Je cherche avec vous ce qui vous retient, pour que l'action redevienne possible à votre rythme. Selon ce qui apparaît, on peut s'arrêter sur plusieurs choses.

  • ce que ce blocage protège, et ce que vous risqueriez si vous avanciez
  • la différence entre ce que vous voulez et ce que vous pensez devoir vouloir
  • ce qui se passe précisément au moment où vous renoncez à agir
  • la part de fatigue que vous n'avez pas encore prise au sérieux
  • un premier pas assez petit pour être fait cette semaine, et assez réel pour compter

Comment se passe une première séance

Vous n'avez rien à préparer, et pas besoin de savoir d'où vient le blocage. On part de ce qui est là aujourd'hui. Qu'est-ce qui coince, depuis quand, qu'avez-vous déjà essayé, qu'aimeriez-vous voir bouger ?

Pendant l'heure, je vous écoute et je vous pose des questions. Je repère ce qui revient, et ce qui semble séparé mais appartient peut-être à la même histoire. Il arrive que le blocage qui vous amène soit exactement celui qu'il faut regarder. Il peut aussi en cacher un autre, plus ancien ou plus large. Dans les deux cas, je vous dis franchement ce que je vois, avec douceur.

Vous repartez avec quelque chose d'utilisable, qu'il s'agisse d'une compréhension plus nette, d'une question à garder en tête ou d'un essai à faire dans les jours qui viennent. La suite, c'est vous qui la décidez : rien ne vous engage, vous revenez si vous le souhaitez et quand vous le souhaitez.

Si vous avez déjà repoussé trois fois la réservation de cette séance, rassurez-vous. On tient là un très bon sujet pour commencer.

Quand ce n'est pas le bon cadre

Cet accompagnement est non médical. Si ce blocage s'accompagne d'un épuisement qui dure, de nuits qui ne vous reposent plus ou d'une perte d'envie qui touche tout votre quotidien, parlez-en d'abord à un médecin. On pourra travailler en parallèle sur des sujets de vie, si c'est utile. Si vous vous sentez en danger, n'attendez pas et contactez les services d'urgence de votre pays.

Le problème n'est peut-être pas que vous n'en faites pas assez.

Vos questions sur ce sujet.

Je sais déjà ce que je dois faire. À quoi bon en parler ?

Savoir quoi faire et réussir à le faire sont deux choses différentes. En séance, on regarde ce qui se passe entre les deux, à l'endroit précis où vous décrochez. C'est là qu'il faut chercher la pièce qui manque.

Allez-vous me pousser à passer à l'action ?

Je ne vous pousserai pas. Je vous aiderai à comprendre ce qui vous retient, puis à trouver un pas qui vous paraît faisable. Le rythme reste le vôtre, et les choix aussi.

Je suis bloqué sur un seul sujet, le reste va bien. Est-ce suffisant pour venir ?

Oui. Un seul point de blocage mérite d'être regardé, surtout s'il revient ou s'il touche quelque chose d'important pour vous. Vous n'avez pas à aller suffisamment mal pour avoir le droit de changer quelque chose.

Autres situations.

Si vous vous reconnaissez un peu partout, c'est fréquent. On part de ce qui pèse le plus aujourd'hui.