Situations · Je pense trop
Vous réfléchissez à tout. Plus vous y pensez, moins vous décidez.
Vous pesez chaque option, vous refaites le film, vous anticipez tout, et la décision recule à mesure que vous y pensez. Voyons ce qui entretient cette boucle, et comment en sortir sans cesser d'être quelqu'un qui réfléchit.
- « Je refais le film dix fois avant de m'endormir. »
- « J'ai fait la liste des pour et des contre. J'en ai même fait plusieurs versions. »
- « Je suis épuisé le soir, alors que je n'ai presque pas bougé de la journée. »
Au départ, une qualité
Vous êtes quelqu'un qui réfléchit, qui anticipe, qui ne fonce pas tête baissée. On vous le reconnaît volontiers, au travail comme ailleurs. Puis un jour, la réflexion cesse de vous aider à avancer et se met à tourner sur elle-même. Chez certains adultes à haut potentiel, cette pensée rapide, qui part dans toutes les directions, est là depuis toujours.
Une conversation de la veille revient en boucle. Un message attend depuis trois jours parce que vous cherchez la formulation parfaite. Une décision importante (changer de poste, partir, rester, s'engager) reste en suspens pendant des mois, examinée sous tous les angles, sans jamais être prise. Même les petits choix finissent par demander un effort disproportionné.
Il y a aussi la fatigue. Penser en continu use, même quand on ne bouge pas. On peut finir la journée vidé sans avoir rien produit de visible, et s'en vouloir en prime. Le soir, quand tout se calme autour, la tête, elle, accélère.
Pourquoi une réflexion de plus ne tranchera pas
Quand on pense trop, on a l'impression qu'il manque une information. Encore un avis, encore un scénario, encore une nuit pour y réfléchir, et la bonne réponse finira bien par apparaître. Elle n'apparaît pas. Ce qu'on attend au fond, c'est la décision parfaite, sans coût ni risque ni regret possible, et celle-là n'existe pas.
La boucle a aussi une fonction. Tant qu'on réfléchit, on n'a pas encore choisi, donc on ne s'est pas encore trompé. Toutes les portes restent ouvertes, et on évite de décevoir quelqu'un, ou soi-même. Vu comme ça, penser trop ressemble moins à un défaut qu'à une protection, qui finit par coûter plus cher que ce qu'elle protège.
D'où l'échec du fameux « arrête d'y penser ». Personne n'a jamais cessé de ruminer parce qu'on le lui avait gentiment demandé. Il faut d'abord comprendre ce que la boucle vous évite, pour pouvoir décider autrement.
Ce que je vous propose
Mon rôle est de vous aider à sortir de la boucle, pas de vous en fabriquer une nouvelle, un peu plus sophistiquée. Selon ce qui se présente, on peut regarder plusieurs choses.
- ce que la boucle cherche à vous éviter
- ce que chaque option vous coûterait, et ce que ne pas choisir vous coûte déjà
- la différence entre une inquiétude utile et une pensée qui tourne à vide
- les critères qui comptent pour vous, et ceux que vous avez empruntés aux autres
- comment décider sans certitude totale, puis vivre avec une décision imparfaite
Une première séance
Vous pouvez venir avec une décision précise en attente, ou simplement avec cette impression d'avoir la tête trop pleine. Les deux sont de bons points de départ. On part de là où vous en êtes ce jour-là.
Je vous écoute, je vous pose des questions, et je vous signale quand on repart dans la boucle, ce qui arrivera sûrement. Certaines personnes découvrent, en parlant à voix haute, qu'elles savent déjà ce qu'elles veulent. Ce qui coinçait, c'était de l'assumer.
Avant la fin de l'heure, on pose quelque chose de concret. Un critère plus clair, une échéance que vous vous fixez, ou un petit choix à faire cette semaine pour vous réhabituer à trancher. Pour la suite, rien ne vous engage. Vous revenez si vous en avez envie, au moment qui vous convient.
Quand consulter d'abord un médecin
Cet accompagnement est non médical. Si les pensées qui tournent vous empêchent de dormir depuis des semaines, si elles deviennent si envahissantes qu'elles vous font peur, ou si vous ne parvenez plus à faire face au quotidien, parlez-en d'abord à un médecin. On pourra travailler ensemble en parallèle, si c'est utile. Si vous vous sentez en danger, contactez sans attendre les services d'urgence de votre pays.
À force d'essayer de bien faire votre vie, avez-vous encore le temps de la vivre ?
Vos questions sur ce sujet.
Réfléchir beaucoup, n'est-ce pas plutôt une qualité ?
Si, bien sûr. Je ne cherche pas à vous faire moins réfléchir. Je voudrais que votre réflexion vous serve de nouveau à avancer, au lieu de tourner sur elle-même.
Que se passe-t-il si je passe la séance à trop réfléchir ?
C'est possible, et ce sera même utile, puisqu'on pourra observer la boucle au moment où elle se produit. Je vous aiderai à la repérer, sans vous juger.
Allez-vous prendre la décision à ma place ?
Non. Je vous aide à clarifier ce qui compte pour vous et ce qui vous retient, pour que la décision redevienne possible. Elle reste la vôtre.
Autres situations.
Si vous vous reconnaissez un peu partout, c'est fréquent. On part de ce qui pèse le plus aujourd'hui.