Situations · Je ne comprends pas mes réactions

Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? Votre réaction a sans doute ses raisons.

Une réaction trop forte, ou l'absence de réaction, répond rarement à la seule situation du moment : elle porte souvent une fatigue accumulée, un besoin jamais entendu ou quelque chose de plus ancien que la scène réveille. Elle a une logique, et la comprendre aide à choisir sa réponse au lieu de la subir.

Vous avez réagi trop fort, ou pas du tout, sans comprendre pourquoi. Ce que vous ressentez a une logique, même si vous ne la voyez pas encore.

  • « J'ai explosé pour un détail, et je m'en veux depuis deux jours. »
  • « Je ressens énormément, mais quand on me demande ce qui ne va pas, je n'ai pas les mots. »
  • « Sur le moment, je ne maîtrise rien. Après, je ne me reconnais pas. »

Quand quelque chose monte d'un coup

Il suffit d'une remarque anodine au travail, d'un ton un peu sec à la maison ou d'un message resté sans réponse. D'un coup, quelque chose monte, beaucoup plus fort que la situation. Vous vous entendez parler plus fort que prévu, les larmes arrivent sans prévenir, ou vous vous fermez complètement. Puis la vague retombe. Il reste la gêne, parfois la honte, et l'envie de comprendre ce qui vient de se passer.

L'inverse existe aussi. On traverse un moment difficile sans rien ressentir, puis on craque des semaines plus tard devant une broutille. Certaines personnes vivent tout intensément, la joie comme la colère, sans réussir à le traduire pour les autres. On les trouve calmes. À l'intérieur, c'est plein.

Une réaction qui paraît disproportionnée répond rarement à la seule situation du moment. Elle peut porter une fatigue accumulée depuis des mois, un besoin qui n'est jamais entendu, une limite franchie une fois de trop, ou quelque chose de plus ancien que la situation vient réveiller. Sa logique existe, elle n'est pas encore lisible, voilà tout.

L'Organisation mondiale de la santé définit le stress comme « un état d'inquiétude ou de tension mentale causé par une situation difficile », et rappelle que chacun en éprouve dans une certaine mesure. Une réaction forte dit souvent que cette tension s'est accumulée.

Pourquoi « se calmer » ne suffit pas

Quand on regrette une réaction, on se promet de mieux se tenir la prochaine fois. On respire, on compte dans sa tête, on prend sur soi. Sur le moment, ça peut aider. Si rien n'a bougé dans ce qui déclenche la réaction, pourtant, elle revient, ou elle se retourne contre vous sous forme de fatigue, de tension ou de repli.

Se coller une étiquette n'aide pas beaucoup plus. Vous savez peut-être que vous êtes « quelqu'un de sensible » ou que vous avez « du mal avec la critique ». Ces formules décrivent sans expliquer ce qui se passe chez vous, dans ce moment-là, avec cette personne-là. Elles ne disent pas non plus quoi faire autrement.

Je vous propose plutôt de regarder la réaction de près, sans la juger. Une émotion forte renseigne sur ce qui compte pour vous, sur ce qui vous coûte, ou sur ce que vous n'avez pas encore pu exprimer.

Déplier une situation, lentement

On part d'une situation précise, récente de préférence, et on la déroule ensemble, pas à pas. Ce qui ressemblait à un bloc devient une suite de moments que l'on peut comprendre.

  • Ce qui a déclenché la réaction, et ce que cela a réveillé chez vous
  • Ce que vous ressentiez, avec des mots plus précis que « ça m'a énervé » ou « ça m'a blessé »
  • Les moments où cela revient, avec qui, dans quel contexte, dans quel état de fatigue
  • Ce dont vous aviez besoin à ce moment-là, et que vous n'avez pas pu demander
  • Un peu de marge entre ce que vous ressentez et ce que vous faites, pour choisir davantage votre réponse

Venir sans avoir les mots

Vous n'avez rien à préparer, et vous n'avez pas besoin de savoir d'où ça vient. On commence par ce qui pèse le plus aujourd'hui, ou par la dernière fois où vous ne vous êtes pas reconnu.

Je vous écoute, je reformule ce que j'entends, je repère ce qui revient d'une situation à l'autre. Je ne vous dirai pas ce que vous « avez ». Je ne chercherai pas non plus à vous apprendre à tout contenir. J'essaie de vous aider à lire ce qui se passe en vous, pour que vous puissiez y répondre au lieu de le subir.

Ressentir beaucoup n'a rien d'un défaut à corriger. Cela peut aller de pair avec une grande finesse de perception, qui demande simplement un peu plus de place et de mots. On peut d'ailleurs en parler sérieusement sans que ce soit lourd.

Quand ces réactions vont avec une tension qui ne retombe plus, la page Gérer son stress et ses émotions vous dit comment je travaille le stress et les émotions, une de mes spécialités.

Les limites de mon accompagnement

Mon accompagnement est individuel et non médical. Si vos réactions vous mettent en danger, vous ou d'autres personnes, ou si ce que vous ressentez envahit tout votre quotidien depuis longtemps, parlez-en d'abord à votre médecin. Un suivi médical peut être nécessaire, et nous pourrons travailler en parallèle si c'est utile. En cas de danger immédiat, pour vous ou pour quelqu'un d'autre, contactez sans attendre les services d'urgence du pays où vous vous trouvez.

Vous n'êtes pas un problème à réparer. Vos réactions méritent d'être comprises avant d'être corrigées.

Vos questions sur ce sujet.

Je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens. Puis-je quand même réserver ?

Oui. Vous pouvez arriver avec « je ne sais pas » ou « c'est confus ». Trouver les mots fait partie du travail, et je vous y aide avec des questions simples et concrètes.

Est-ce que vous allez m'apprendre à ne plus rien ressentir ?

Non. L'idée est de mieux comprendre ce que vous ressentez et de gagner un peu de marge pour choisir ce que vous en faites. Vos émotions restent les vôtres, elles deviennent simplement plus lisibles.

Mes réactions touchent surtout mon couple ou ma famille. Dois-je venir avec la personne concernée ?

Non, la séance est individuelle. On travaille sur votre part de la situation, c'est-à-dire ce que vous vivez, ce que vous voulez et ce que vous pouvez faire autrement. Il y a déjà là de quoi faire beaucoup.

Autres situations.

Si vous vous reconnaissez un peu partout, c'est fréquent. On part de ce qui pèse le plus aujourd'hui.