Le deuil n'a pas de calendrier
On entend parler d'étapes, de phases, de délais. En réalité, chaque deuil est différent. Il dépend du lien, des circonstances, de ce qui a été dit ou non, de ce que cette personne représentait dans votre vie.
Il n'y a pas de bonne façon de faire son deuil, ni de durée normale. Il y a votre manière à vous, qui mérite d'être respectée.
Ce qu'on vit souvent
Le deuil ne se limite pas à la tristesse.
- des vagues d'émotion qui surgissent sans prévenir
- de la colère, parfois contre la personne disparue
- de la culpabilité pour ce qui n'a pas été dit ou fait
- une grande fatigue
- le sentiment que les autres ne comprennent pas
- la difficulté à imaginer l'avenir
Quand on vit loin
Perdre un proche quand on vit à l'étranger ajoute une douleur particulière : ne pas avoir été là, rentrer en urgence, repartir trop vite, vivre le manque loin de ceux qui partagent le même chagrin.
Ce deuil à distance est souvent moins reconnu, et plus solitaire.
Perdre un parent
Perdre son père ou sa mère, même adulte, même quand on s'y attendait, touche quelque chose de très ancien. On perd une personne, et souvent aussi une place : celle d'enfant de quelqu'un, un lien avec toute une histoire, des conversations qui n'auront plus lieu.
Ce deuil réveille aussi la fratrie, les souvenirs d'enfance, les questions de maison ou de papiers, au moment où l'on a le moins d'énergie. Quand on vit loin, il arrive souvent après des mois d'inquiétude, comme je l'écris dans la page sur un parent qui vieillit loin de vous. Si, avec le temps, le sommeil ou l'appétit ne reviennent pas, parlez-en à un médecin.
Côté pratique, en France, un salarié du secteur privé a droit à au moins 3 jours de congé pour le décès de son père ou de sa mère, davantage si sa convention collective le prévoit (service-public.gouv.fr).
Quand faut-il demander de l'aide médicale ?
Si, après plusieurs mois, vous n'arrivez plus du tout à fonctionner, si le sommeil ou l'appétit sont très perturbés, ou si vous avez des pensées de mort, parlez-en à un médecin. Et si vous pensez à vous faire du mal, contactez tout de suite les services d'urgence.
Un accompagnement non médical peut venir en complément, pour parler de la personne disparue, de ce que vous vivez, et de la manière de continuer.
Ce qu'une séance peut vous apporter
Un espace pour parler de la personne que vous avez perdue, de ce que vous ressentez, et de ce qui est difficile aujourd'hui, sans avoir à aller mieux vite pour rassurer les autres.
On avance à votre rythme, vers une manière de vivre avec cette absence.
À retenirLe deuil ne se « fait » pas en suivant un programme. Il se traverse, à son rythme, et il est plus supportable quand on n'est pas seul à le porter.