À quoi ressemble ce sentiment de vide ?
Il se décrit mal, et c'est justement ce qui le rend déroutant. Certaines personnes parlent d'une vie en pilote automatique, d'autres d'un écran entre elles et le monde, d'autres encore d'un manque dont elles ne connaissent pas l'objet.
On continue à fonctionner. On travaille, on voit du monde, on rit parfois. Mais quelque chose ne suit plus : l'envie, l'élan, le sentiment que ce qu'on fait compte.
Santé.fr, le site public d'information en santé, le rappelle : on peut ressentir un mal-être sans être malade pour autant. Le vide n'a pas besoin d'un nom médical pour mériter qu'on s'y arrête.
D'où peut-il venir ?
Il n'y a pas une cause unique. Le vide arrive souvent après une période où l'on a beaucoup donné, ou quand la vie ne correspond plus à ce qui compte pour soi.
- une longue période à tenir pour les autres, sans se demander ce qu'on voulait
- un objectif atteint, qui ne rend pas aussi heureux que prévu
- une perte, une séparation, un départ, même ancien
- une vie organisée autour de ce qui est attendu plutôt que de ce qui vous anime
- une fatigue accumulée qu'on n'a jamais vraiment prise au sérieux
« Je n'ai envie de rien »
C'est souvent la première phrase qui vient. Rien ne fait plaisir, rien ne tente, même ce que vous aimiez. Vous vous forcez, vous attendez que ça passe, et vous vous en voulez de ne pas savoir pourquoi.
Quand cette absence d'envie dure, s'étend à presque tout ou s'accompagne d'un sommeil ou d'un appétit perturbés, parlez-en d'abord à un médecin. Quand elle reste plus légère, elle signale souvent un épuisement qu'on ne s'autorise pas ou une vie qui s'est éloignée de ce qui vous anime, et elle mérite d'être comprise plutôt que combattue.
Ne plus rien ressentir
Certaines personnes disent ne plus rien ressentir, ni joie ni tristesse, comme si un écran s'était posé entre elles et le monde. C'est souvent une manière de se protéger, après une période trop chargée ou une perte, quand ressentir coûtait trop.
Si cette impression s'installe ou vous inquiète, parlez-en à un médecin. Et si des idées noires apparaissent, appelez tout de suite les services d'urgence du pays où vous êtes ; en France, le 3114 est gratuit et joignable 24 h/24.
Quand faut-il en parler à un médecin ?
Si ce vide dure depuis plusieurs semaines, s'accompagne d'une grande fatigue, d'un sommeil ou d'un appétit perturbés, d'une perte d'intérêt pour tout, ou de pensées sombres, parlez-en à un médecin. Ce ne sont pas des choses à porter seul.
Si vous pensez à vous faire du mal, contactez tout de suite les services d'urgence du pays où vous êtes. En France, le 3114 est gratuit et joignable 24 h/24.
Ce que le vide peut aussi dire
Parfois, le vide est un signal. Il indique qu'une partie de vous a été mise de côté trop longtemps : des envies, des besoins, une manière de vivre. Il ne dit pas encore quoi faire, mais il dit que quelque chose doit être regardé.
Chercher à le remplir à tout prix, avec plus d'activités, plus de travail, plus de distractions, marche rarement longtemps. Le comprendre marche mieux.
Ce qu'une séance peut vous apporter
On prend le temps de mettre des mots sur ce vide, sans le dramatiser ni le minimiser. On regarde ce qui a changé, ce qui vous manque, et ce qui pourrait à nouveau vous donner de l'élan, pas à pas.
Cet accompagnement est non médical. Il peut venir en complément d'un suivi si vous en avez un.
À retenirSe sentir vide n'est pas de la paresse ni de l'ingratitude. C'est un signal qui mérite qu'on s'y arrête, avec l'aide d'un médecin s'il s'installe, et avec un accompagnement pour le comprendre.