Pourquoi a-t-on envie de tout plaquer ?
En général, quelque chose dans votre vie actuelle vous coûte plus qu'il ne vous apporte, et tout quitter est la solution la plus radicale que vous ayez trouvée pour que cela cesse. L'envie dit quelque chose de vrai, même si la solution qu'elle propose n'est pas forcément la bonne.
Derrière l'envie de tout plaquer, on trouve rarement un caprice. On trouve plutôt une fatigue qui dure, un travail qui a perdu son sens, l'impression de jouer un rôle qui ne vous ressemble plus, ou de vivre la vie que d'autres avaient prévue pour vous. Ce sont des raisons sérieuses, qui méritent mieux que d'être balayées d'un « c'est juste un coup de mou ».
« Je ne sais pas ce que je veux, mais je sais que je ne veux plus ça. » Si vous vous reconnaissez dans cette phrase, vous tenez déjà une information précieuse, à défaut d'une direction.
Au passage, l'envie de tout plaquer a un sens du timing remarquable. Elle se manifeste rarement un samedi ensoleillé, et beaucoup plus volontiers un lundi à 7 h 40.
Fuir quelque chose ou aller vers autre chose
Avez-vous surtout envie de partir de quelque chose, ou d'aller vers quelque chose ? Les deux sont légitimes, mais ils n'appellent pas les mêmes décisions.
Quand on cherche surtout à fuir, la nouvelle vie se définit en creux. Plus ce poste, plus cette ville, plus ce rythme. On risque alors d'emporter avec soi ce qu'on voulait quitter, car l'habitude de dire oui à tout, de tout porter, de ne jamais s'arrêter voyage très bien. On peut changer de ville et retrouver la même fatigue quelques mois plus tard, parce qu'elle ne venait pas seulement de la ville.
Une étude célèbre, publiée en 1978, l'illustre à sa manière : interrogés après leur gain, de grands gagnants de la loterie n'étaient pas plus heureux que des personnes qui n'avaient rien gagné, et prenaient moins de plaisir aux petites choses du quotidien (Brickman et ses collègues). Un changement, même spectaculaire, ne règle pas tout ce qu'on attendait de lui.
Quand on va vers quelque chose, il y a une attirance, même floue. Un métier qui vous intrigue depuis longtemps, une manière de vivre qui vous parle, un rythme que vous avez goûté en vacances et qui vous a semblé plus juste. L'envie ne dit plus seulement « stop ». Elle commence à dire « par là ».
Quelques questions aident à faire la différence :
- Si ma situation actuelle devenait supportable demain, aurais-je encore envie de partir ?
- Est-ce que je cherche du repos, de la liberté, du sens, de la reconnaissance ?
- Qu'est-ce qui, dans ma vie actuelle, mérite d'être gardé ?
- Depuis quand cette envie est-elle là, et qu'est-ce qui l'a réveillée ?
Faut-il tout quitter pour changer de vie ?
Pas forcément. Changer de vie peut vouloir dire tout recommencer, mais aussi changer une seule chose qui pèse sur toutes les autres.
Le tout ou rien est tentant parce qu'il est clair. Entre tout garder et tout quitter, il existe pourtant beaucoup de chemins intermédiaires. Réduire son temps de travail, changer de poste sans changer d'entreprise, déménager sans changer de métier, lancer un projet à côté, arrêter ce qui prend toute votre énergie sans rien vous rendre. Le grand changement est quelquefois nécessaire, et c'est alors le bon. Dans d'autres cas, un ajustement plus modeste, placé au bon endroit, soulage davantage qu'un départ spectaculaire.
En y regardant de près, on découvre parfois qu'on ne veut pas quitter son métier, seulement la façon dont on l'exerce, avec ce rythme, cette équipe, cette impossibilité de dire non. Changer ce point-là ne fait pas une belle histoire à raconter, et cela peut pourtant suffire à rendre une vie de nouveau habitable.
Vous pouvez avoir une belle vie et ne plus vous sentir bien dedans. Ce constat invite à regarder de près ce qui ne vous correspond plus, et ce qui vous correspond encore, avant de jeter quoi que ce soit. Autour de 40 ou 50 ans, cette question prend souvent la forme d'une crise de la quarantaine.
Comment changer de vie sans le faire sur un coup de tête ?
Testez avant de trancher. De petites expériences vous en apprendront davantage sur ce que vous voulez que des mois passés à y penser.
Un coup de tête se définit moins par sa vitesse que par sa raison d'être, puisqu'on le décide pour ne plus sentir quelque chose. On peut décider vite et bien, à condition de savoir ce que l'on cherche. On peut aussi mettre deux ans à se décider et partir quand même pour de mauvaises raisons.
Tester peut prendre plusieurs formes. Parler longuement à des personnes qui font le métier dont vous rêvez, y compris de ce qui les ennuie. Passer quelques jours dans la ville où vous imaginez vivre, hors vacances. Suivre une courte formation avant de vous engager dans une longue. Calculer précisément ce dont vous avez besoin pour vivre, parce que le rêve a rarement pensé au loyer.
Fixez-vous aussi un horizon, une date à laquelle vous ferez le point sur ce que ces essais vous ont appris. La peur ne disparaîtra pas pour autant, mais elle deviendra proportionnée à ce qui est réellement en jeu.
Quand c'est le sens qui manque
Un manque de sens se règle rarement par un simple changement de décor. Il demande de retrouver ce qui compte pour vous, et cela peut se faire dans votre vie actuelle comme ailleurs.
Nombre de projets de reconversion reposent sur l'espoir d'un métier qui donnerait enfin du sens à tout le reste. C'est quelquefois exactement cela. Il arrive aussi qu'on découvre, en y regardant de plus près, que ce qui manquait surtout, c'était du temps, des relations plus vraies, ou le sentiment de choisir sa vie plutôt que de la subir.
Il vaut aussi la peine de distinguer ce qui vient de vous de ce qui vient d'ailleurs. Les attentes de votre famille, de votre milieu, et même les récits de ceux qui ont « tout quitté » pour ouvrir une maison d'hôtes pèsent sur l'idée que vous vous faites d'une vie réussie. Leur histoire leur appartient. La vôtre peut prendre une tout autre forme.
J'ai moi-même créé mes propres activités, pris des risques et dû décider sans certitude. Je sais qu'un changement choisi n'est pas forcément confortable. Il est simplement plus juste qu'un changement subi.
Prendre votre envie au sérieux, en séance
Je prends votre envie au sérieux, sans lui obéir aveuglément. On cherche ensemble ce qu'elle dit de votre situation, ce que vous voulez quitter au juste, et ce vers quoi vous avez envie d'aller.
On regarde ce qui vous pèse aujourd'hui, ce que vous tenez à garder, et les peurs qui vous retiennent, qu'elles portent sur l'argent, le regard des autres ou le regret. On démêle ce qui vous appartient et ce qu'on attend de vous. Puis on cherche des pas à votre mesure, qu'il s'agisse d'un essai, d'une conversation, d'un calcul ou d'une date. Je ne vous pousserai ni à partir ni à rester. Je vous aide à voir assez clair pour choisir.
L'accompagnement ne remplace pas un conseil financier, juridique ou un bilan d'orientation professionnelle. Il vous aide à savoir ce que vous voulez, pour utiliser ensuite ces ressources au bon moment.
Si l'envie de tout quitter ressemble plutôt à une envie de disparaître, ou si l'épuisement vous empêche de fonctionner, parlez-en d'abord à un médecin, ou contactez les services d'urgence de votre pays.
À retenirVotre envie de tout quitter dit quelque chose de vrai. Écoutez-la, sans la laisser choisir seule la réponse.