Pourquoi a-t-on besoin de parler en français quand on vit à l'étranger ?
C'est dans sa propre langue qu'on trouve le plus facilement les mots justes pour dire ce qu'on ressent. Même quand on parle très bien une autre langue, les nuances, l'humour et les émotions passent mieux dans celle qui est la nôtre.
Dans une langue apprise, on peut travailler, négocier, se faire des amis, régler un dossier compliqué. Pour dire quelque chose de confus, de douloureux ou de contradictoire, c'est une autre affaire. On cherche ses mots, on simplifie, on finit par dire « c'est compliqué » et on s'arrête là. Ce que l'on ressent sort aplati par la traduction.
Dans ces moments-là, parler en français permet d'être compris sans effort, avec vos références, vos expressions, votre manière de plaisanter. Certaines choses ne se disent d'ailleurs bien qu'en français. Essayez d'exprimer une vraie lassitude sans le mot « ras-le-bol ».
La solitude dont on n'ose pas parler
On se sent obligé d'aller bien. On a choisi cette vie, elle fait envie à ceux qui sont restés, et s'en plaindre semble presque ingrat.
Au téléphone, la famille demande « alors, c'est le rêve ? ». Vous répondez oui, parce que c'est en partie vrai et que le reste serait long à expliquer. Les amis restés au pays ont leur vie, le décalage horaire complique tout, et les conversations se réduisent peu à peu aux nouvelles. Sur place, les liens sont récents, parfois de passage. Certaines personnes repartent au moment où l'on commençait à compter sur elles.
Il y a aussi ce qu'on ne peut confier à personne sur place, parce que tout le monde se croise dans les mêmes cercles et qu'une confidence circule vite dans une petite communauté.
On peut ainsi être très entouré et se sentir seul, entouré de connaissances mais loin de ceux qui vous connaissent vraiment. Avoir une vie qui fait envie et s'y sentir seul ne se contredisent pas, et cette solitude mérite d'être dite.
Qu'est-ce qui rend l'expatriation difficile à vivre ?
Rarement une seule chose. De petites pertes de repères, de liens et de place s'accumulent, et finissent par peser une fois passée l'excitation des débuts.
Les premiers mois, tout est nouveau, et la nouveauté porte. Puis le quotidien s'installe. Les démarches, la langue, les codes sociaux, toutes ces petites choses qu'on faisait sans réfléchir demandent soudain de l'attention. Rien de dramatique pris séparément. Mis bout à bout, cela crée une fatigue de fond, que l'on remarque rarement parce qu'on n'a pas l'impression de faire quelque chose de difficile.
Ces difficultés ne signifient pas que vous avez raté votre expatriation. Elles font partie du prix ordinaire d'une vie déplacée, et on les retrouve sous plusieurs formes :
- le sentiment de ne plus être tout à fait d'ici, ni tout à fait de là-bas
- le décalage avec la famille restée au pays, surtout quand un proche vieillit ou traverse une période difficile
- la perte d'un métier, d'un statut ou d'une place quand on a suivi quelqu'un
- la fatigue de devoir tout comprendre, tout décoder, tout réapprendre
- l'impression d'être de passage, sans savoir combien de temps on restera
Le couple à l'épreuve de l'expatriation
L'expatriation peut rapprocher un couple. Elle peut aussi le déséquilibrer. L'un a un travail, des collègues, une place, pendant que l'autre doit parfois tout reconstruire, si bien que les deux ne vivent pas tout à fait le même pays.
Celui ou celle qui a suivi peut se sentir invisible, dépendant, coupable de se plaindre alors qu'on a « tellement de chance ». Celui ou celle qui a entraîné l'autre peut se sentir responsable de son bonheur, et s'épuiser à le porter. Aucun des deux n'a tort.
Loin de la famille et des amis, le couple devient facilement le seul confident, ce qui fait beaucoup pour une seule relation. Certaines choses sont difficiles à dire à l'autre sans le blesser ou l'inquiéter. En parler à quelqu'un d'extérieur, qui n'a pas de parti à prendre, peut alléger la relation au lieu de la trahir.
Avec des enfants, d'autres questions s'ajoutent. Comment les élever entre deux cultures, deux langues, loin des grands-parents, et que leur transmettre de ses propres racines ?
Pourquoi le retour est-il parfois si difficile ?
On revient changé dans un endroit qui, lui aussi, a changé, et personne ne s'attend à ce qu'on ait du mal à rentrer chez soi.
On imaginait retrouver sa place. La vie des amis a pourtant continué, les conversations n'ont plus tout à fait la même saveur, et ce que vous avez vécu ailleurs intéresse vos proches pendant cinq minutes. On peut alors se sentir étranger chez soi, plus encore qu'à l'étranger.
Ce décalage porte parfois un nom, le choc du retour, mais le nommer ne suffit pas toujours. Ce qui aide, c'est de comprendre ce qui a changé en vous, ce que vous voulez garder de ces années ailleurs, et ce que vous acceptez de laisser derrière vous.
Avant le retour, il y a la décision elle-même. Rester ou rentrer, pour soi, pour ses parents qui vieillissent, pour les enfants, pour une carrière. Derrière elle se cache une question plus large, qui peut surgir à n'importe quel moment d'une vie à l'étranger. Qui suis-je devenu, après toutes ces années ailleurs ?
Une séance en visio, en français, où que vous viviez
Une séance en visio vous permet d'être accompagné dans votre langue sans dépendre de ce qui existe près de chez vous, et de garder le même accompagnement si vous déménagez à nouveau.
Vous n'avez pas à chercher une personne francophone sur place, ni à expliquer ce que vous ressentez dans une langue apprise. Une séance dure 60 minutes. Il suffit d'une connexion correcte et d'un endroit calme où vous pouvez parler librement, et vous choisissez votre créneau parmi les disponibilités affichées.
En séance, on peut regarder ce qui vous manque et ce que vous avez gagné, la place que vous occupez dans votre couple, votre lien avec ceux qui sont restés, votre projet de rester ou de repartir, et la personne que vous devenez entre deux cultures. On part de là où vous en êtes ce jour-là, puis on cherche ce qui peut rendre votre vie là-bas plus juste pour vous.
Je vis moi-même dans un environnement international, au contact de personnes venues de pays, de cultures et de modèles de vie très différents. Cela m'a confortée dans une conviction : il n'existe pas une seule bonne manière de vivre.
L'accompagnement ne remplace ni les démarches administratives ou juridiques liées à votre pays de résidence, ni un suivi médical. Si vous traversez une détresse importante, si vous ne dormez plus ou si vous vous sentez en danger, contactez un médecin sur place ou les services d'urgence de votre pays de résidence.
À retenirAvoir une vie qui fait envie et s'y sentir seul ne se contredisent pas. Vous avez le droit d'en parler, et de le faire dans votre langue.